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Voyageuse confinée !


Mon voyage ! Le 19 mars, j’ai quitté ma communauté à Diébougou, -BURKINA-FASO-, pour aller au NIGERIA, mon pays, afin de renouveler mon passeport international qui expirait le 17 mai 2020. Après avoir passé la nuit dans notre maison vice-provinciale à Ouagadougou, j’ai commencé mon voyage le vendredi 20 mars à 5h30 comme prévu avec un bus routier. Je devais donc passer par le Togo, puis le Bénin pour aller au Nigeria, ma destination.

Mon voyage a tourné en cauchemar à cause de la crise sanitaire Covid-19 ! Sur la route, notre bus a fait un petit accident sur un pont étroit avec un camion transportant du matériel. Nous avons passé des heures à attendre le constat de la police. Après cette scène, notre bus, ayant roulé toute la nuit, est arrivé beaucoup plus tard que prévu à Lomé - Capitale du TOGO -. Et voilà qu’on nous refuse d’y entrer en raison de la pandémie mondiale du Coronavirus ! Après avoir longtemps supplié les agents de sécurité, ils nous ont permis de continuer seulement jusqu’à la gare du bus pour Cotonou -Capitale du BENIN-. Là, on nous annonce la fermeture de toutes les frontières. Cela signifie que je ne pouvais pas continuer vers le Nigeria comme prévu. J’ai beaucoup pleuré ! " L’homme propose et Dieu dispose ", me disais-je intérieurement. D’autres passagers ont désobéi en prenant un taxi vers la direction de la frontière par des raccourcis. " Est-ce prudent de faire comme les gens ? Et si je me faisais arrêter par la police ? " Après avoir réfléchi un moment, je n’avais d’autre choix que de rester sur place à la gare jusqu’à ce que je trouve comment résoudre le problème. De toute façon, je ne pouvais ni continuer vers le Nigeria, ni repartir au Burkina-Faso. Toutes les frontières sont fermées !

J’ai pu contacter mes sœurs au Nigéria et au Burkina pour trouver une solution. Vers la tombée de la nuit, Sœur Anthonia Ayèni, -Vice-Provinciale du Nigeria- a réussi à contacter les sœurs de Notre Dame des Apôtres au Nigéria qui l'ont mise en contact avec la supérieure d’une de leurs communautés ici à Lomé -TOGO-. Celle-ci est venue me chercher vers minuit. Dieu soit loué ! Une fois à la maison, elle m’a préparé un repas et m'a conduite ensuite dans une chambre où je me suis reposée.

Ma communauté de confinement. Le lendemain de mon arrivée dans la communauté, un dimanche, j’ai été chaleureusement accueillie par toute la communauté des sœurs. Cette communauté est composée de neuf sœurs : deux étudiantes et une postulante en stage et d’autres enseignantes. Pour le moment, toutes sont là, à la maison. Cependant, je n’étais pas à l’aise pendant les premiers jours dans cette communauté parce que je n’avais qu’une envie : arriver chez moi. " Si Dieu pouvait faire un miracle ! " Petit à petit j’ai essayé de m’adapter à l’atmosphère et à la façon de faire de ‘ma nouvelle maison de confinement’ ! Surprise, la postulante était Nigériane et la jeune professe, Ghanéenne. On pouvait parler un peu en anglais. Avec le temps, je suis même devenue professeur de Français pour la sœur Ghanéenne. Deux autres postulantes en fin de stage dans d’autres communautés, Nigérianes elles aussi, sont venues ‘chez nous’. En étant maintenant cinq anglophones, il fallait que je fasse attention pour ne pas perdre mon peu de français en progression jusque-là. " En fin de compte, ce n’est pas si mal que ça, être confinée ici ! "

Néanmoins, avec le temps, j’ai découvert que notre spiritualité, charisme et mission FSE sont les mêmes que ceux des Sœurs NDA. La seule différence est la façon de les vivre. Nous avons toutes le même but : servir la personne du Christ dans la personne du pauvre. Je me suis adaptée sans trop de difficulté au programme communautaire que j’ai trouvé très intéressant : service de cuisine et de prière à tour de rôle, classe de chant une fois dans la semaine… Je suis très contente parce que je peux prendre part à toutes ces activités et services communautaires. C’est vraiment merveilleux !

Ce temps de confinement me fait du bien, certes ! J’ai grandi dans ma relation avec Dieu et les autres. J’ai plus de temps pour lire et me reposer. Mais chaque fois que je vois les médias et constate comment les cas du coronavirus augmentent dans le monde, je pense à mes sœurs et mes amis partout.

Mon expérience à Lomé, au Togo, n’est pas vaine. Je reste reconnaissante pour tout. Tout est grâce ! J’attends encore que les frontières soient ‘dé-confinées’ pour quitter Lomé.

Valentina Lucy IYISHU - FSE Nigériane en mission au Burkina-Fasso. Publié le 26 mai 2020.

Photo de groupe. Valentina : tenue bleue aux colombes…

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