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Justice et solidarité

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Noël près des déplacés


" Pour participer avec d’autres à la mission d’Amour de l’Esprit Saint dans notre monde, nous devons entendre le cri de la terre et le cri des pauvres, indissociablement liés, et les faire nôtres. " Actes du Chapitre 2021

Avec d’autres religieux, religieuses, laïcs, vivre Noël avec nos frères et sœurs, les déplacés internes, victimes du terrorisme " comprenant peu à peu, que c’est tout un de vivre en communion avec Dieu et en solidarité avec nos frères ". Art 4, RV

Le mercredi 22 décembre, la conférence des supérieurs majeurs du Burkina Faso a organisé une journée de partage, de célébration de Noël auprès des déplacés internes dans deux sites de la ville de Kaya située à plus de 100 km de Ouagadougou. Nous avons tous mis nos dons ensemble : chaque famille religieuse a apporté ce qu’elle avait, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des vivres, du savon, des produits pharmaceutiques, des jouets pour les enfants. Une partie du riz a été cuit pour être distribué avec diverses boissons de bissap, jus de gingembre…

Après un temps de prière à la paroisse cathédrale de Kaya nous sommes allées, avec l’accord du maire et du gouverneur, aux lieux où se trouvent les déplacés. La police nous a escortées et nous a beaucoup aidé à organiser, par groupe, nos frères et sœurs déplacés. C’était très émouvant de voir plus de 2500 déplacés, à majorité femmes et enfants dans les tentes précaires… Nous avons vu des visages tristes, souffrants, toujours habités par la peur. Une des femmes me disait : " Hummm ma sœur, c’est difficile, mes enfants ont vu égorger leur père. La nuit, ils ne dorment toujours pas. Avec mes enfants, nous sommes à notre troisième déplacement parce que dans les autres lieux, nous étions menacés. Aidez-nous avec un médicament contre la peur. " A ces mots, une autre religieuse avec qui nous faisions le tour du camp m’a regardé et nous sommes restées silencieuses autour de cette femme et de ses enfants ! Une femme autre nous a dit : " Moi j’ai donné mes habits de femme à porter à mon fils de 15 ans pour qu’il soit sauvé ".

Nos forces unies ont pu apporter un tant soit peu un élan de soutien à nos frères et sœurs. Personnellement, je me suis posée cette question : " A quand la paix et la stabilité dans notre chère patrie ? Quel lendemain pour des personnes qui ont subi un tel traumatisme ? Si Marie Balavenne -notre fondatrice avec ses compagnes- était là, qu’aurait-elle fait, dit ? "

" C’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme dans les yeux d’un enfant !
C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes, chaque fois qu’on s’entend !
C’est Noël chaque fois quand nos cœurs, oubliant les offenses sont vraiment fraternels !
C’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin " (Odette Vercruysse)

Vers Toi Jésus, Prince de la Paix, toute l’humanité crie notre cri, tes enfants crient.
Toi notre Espoir, Toi notre Espérance, nous joignons nos cœurs, nos mains pour t’appeler à notre secours. Toi qui demeures avec nous depuis toujours, ne nous abandonne pas.
Avec Toi, le mal n’a pas le dernier mot ! Descends vite à notre secours !

Grand merci à tous ceux qui nous soutiennent, pensent et implorent Dieu pour nous !

ROAMBA Silvie, FSE – Ouagadougou. BURKINA FASO. Publié le 24 décembre 2021

 

 



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