« Nous devons abandonner tous nos désirs à Dieu et ne vouloir que ce qu’il veut, quand il le veut et comme il le veut » nous dit le père Louis Lallemant sj, dans « Doctrine spirituelle ».
Après la belle journée de célébration du Centenaire de l’Île Blanche, mon esprit était tourné vers le Nigéria pour le chapitre Vice-Provincial qui s’est tenu du 3-10 septembre 2026.
Vivre le temps de ce chapitre avec nos sœurs au Nigeria a été pour moi un temps de grâce ! Si je n’étais pas allée au Nigéria, j’aurais manqué de comprendre une vérité existentielle, la clé de lecture d’une culture…
Merci à sr Ann ALMODOVAR et à mes sœurs du conseil général pour l’encouragement et le soutien dans la mission. Merci à sœur Cynthia AZUGHARA, vice-Provinciale du Nigéria et à sa vicaire, sœur TOSIN AMOZAN Fabien, pour la sollicitude. Merci au père Ehie AMORAGBON, prêtre jésuite nigérian, pour sa simplicité et la profondeur de ses enseignements.
Partant du thème du Chapitre : « Transformées par l’Esprit-Saint pour aimer et servir », le père animateur du Chapitre a abordé la question de « transformation » comme un processus qui commence dès notre consécration baptismale et va se poursuivre toute la vie. Selon lui, toute transformation commence par la connaissance de sa vraie identité et nécessite un travail d’ajustement. D’après « Principes et Fondements » de St Ignace de Loyola, la vraie identité de l’être humain c’est de « louer, révérer et servir Dieu… »
Tout au long de son enseignement, l’animateur du Chapitre n’a cessé de le redire en d’autres termes : « Un bon chrétien est un bon altruiste. La prière nous connecte au Créateur et à d’autres êtres vivants, et toute prière doit nous ouvrir à la charité ». C’est dire que l’identité de la vie religieuse commence par une bonne intégration de la foi baptismale et une vie de témoignage authentique de charité envers tous.
De ce fait, la formation à la foi chrétienne et les sciences de développement humain et socio-culturel sont deux charpentes indispensables pour un équilibre de vie religieuse, étant donné que la vocation à la vie consacrée se greffe sur ces deux éléments de base.
Pour élucider davantage son propos, le père Ehie OMORAGBON a énoncé un proverbe africain qui dit ceci : « La joie d’un arbre c’est d’accomplir ce que Dieu lui a demandé d’être, non par orgueil, mais pour la joie de l’univers entier. » Si la joie d’un arbre est d’être pleinement arbre pour la joie de l’univers, la joie d’un chrétien est d’être davantage pleinement enfant de Dieu, non par orgueil, mais pour répandre sa joie dans l’univers et faire la joie de ses frères et sœurs. C’est dire que chaque être au monde porte en lui une mission qui ne peut être accomplie qu’en s’ajustant à la volonté de Dieu.
C’est d’ailleurs ce que Saint-Augustin avait déjà compris quant il affirmait, au 5ème siècle : « Tu nous a faits pour Toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi » Pour nous, Filles du Saint-Esprit, le processus de transformation devrait aussi prendre en compte nos valeurs fondamentales résumées en ces paroles de Jésus : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » Règle de Vie Art 11.
En définitive, ajuster nos petits désirs au grand désir de Dieu n’est pas de tout repos, car le chemin n’est pas d’avance tracé. C’est le fruit d’une prière quotidienne, d’une conversation spirituelle permanente avec le Créateur… C’est souvent une mort à soi dans nos choix personnels pour plus d’ouverture et de collaboration afin d’embrasser au plus large le projet salvifique de Dieu.
Le Chapitre s’est terminé le 10 septembre au soir, par un déroulement transparent et serein des élections de 6 déléguées pour le Chapitre Général qui se tiendra en avril 2027.
Judith MBOUNGHOU, FSE. Conseillère générale. Rennes. Publié le 24 septembre 2026

