Le pèlerinage aux Sources de vingt sœurs africaines, prévu du 02 au 28 août 2026 a dû être annulé. Est-ce une déception ? Oui, parce qu’il a mobilisé une longue période de préparation. En réalité, depuis 2 ans, des investissements financiers, matériels et humains ont été orientés pour cet évènement important. Est-ce un échec ? Non, car tout pèlerinage est d’abord un voyage intérieur avant d’être une marche sur un espace géographique.
Quand à moi, j’ai choisi de vivre le pèlerinage autrement, en allant à la rencontre de 4 communautés en France : Briouze (5-8 août) ; Saint-Claude (10-13 août) ; Brest (14-18 août) ; Kerlys (18-22 août) ; et la fête des 100 ans de l’Ile Blanche (22-23 août)
Dans mon parcours, j’ai trouvé partout « des maisons de charité » ; j’ai vu des sœurs priantes, joyeuses, attentives les unes aux autres, proches des plus fragiles. « Quand nos force diminuent, il nous est donné, par-delà la souffrance, de nous abandonner plus profondément à la présence aimante de l’Esprit » (R.V. art 11). Même âgées ou malades, elles continuent de servir.
A Briouze, j’ai été particulièrement marquée par la prière quotidienne du milieu du jour et la présence auprès des résidents de l’Elhad ‘Notre Dame’, avec lesquels les sœurs partagent la prière des vêpres et la messe anticipée du dimanche. Pour moi c’est un beau témoignage de foi, source de vie, de réconfort auprès des résidents et même du personnel soignant.
Mon pèlerinage en Normandie, dans le Jura, dans le Finistère et les Côtes d’Armor a été riche de découvertes, de rencontres, d’émerveillements et de partages sympathiques avec toutes catégories de personnes : Religieuses FSE, Laïques consacrées, Associés, Paroissiens, Voisins…
J’ai fait une expérience profonde de la beauté unique de chaque sœur, de chaque communauté, de chaque créature. J’ai davantage pris connaissance de l’expression diverse d’un charisme, selon l’histoire sacrée de chacune.
Le parcours s’est conclu le 23 août par la célébration du centenaire de la présence des FSE à l’Ile Blanche, autre moment fort de joie, dans une diversité interculturelle et intergénérationnelle, riche de rencontres et d’échanges. Centenaire qui évoque en moi, l’Île Blanche comme un « lieu-source », un lieu qui a abreuvé la recherche de jeunes en quête d’un projet de vie religieuse. C’est le fruit de celles qui nous ont transmis le charisme et sans elles, nous, sœurs africaines, ne serions pas là ce jour !
L’Île Blanche continue de nous rassemble, de nous ressourcer encore aujourd’hui quand il faut réfléchir, décider, prier ensemble comme Congrégation.
Pour moi, la célébration des cent ans de l’Île Blanche … : – c’est rendre grâce à Dieu pour avoir fait fleurir le charisme des Filles du Saint-Esprit en terre africaine, – c’est dire ma profonde gratitude à toutes les sœurs missionnaires parties de si loin pour nous apporter l’EVANGILE, pour nous apporter la flamme de Marie BALAVENNE et Renée BUREL ; – c’est l’héritage enrichi par Charlotte DELAUNAY et de GUY DE MONTPELLIER ! Et je n’oublie pas celles qui ont donné leur vie en terre africaine au nom de cette flamme.
Et enfin, c’est me laisser interpeller, interroger : Si l’héritage de Marie Balavenne, Renée Burel et de toutes nos autres devancières est un héritage composé des couleurs d’humilité, de douceur, de simplicité, d’adoration, de service, d’audace apostolique, de charité fraternelle… cette sève circule-t-elle encore en moi ? En chaque FSE aujourd’hui ? Cette flamme de l’amour et de la charité, flamme de nos commencements, brûle-t-elle toujours en moi ?
Judith MBOUNGHOUL, FSE, Communauté généralice. Rennes. FRANCE. Publié le 30 août 2026
• « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons aussi, afin que vous aussi soyez en communion avec nous ». 1 Jean1, 3
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