En ce 23 août 2026, telle une vieille dame au cœur jeune, l’Ile Blanche est enveloppée de lumière. Elle nous accueille dans un amphithéâtre de verdure où résonne un air de fête grâce aux musiciens déjà à l’œuvre.
Sr Thérèse Revault, responsable de la communauté, souhaite à tous la bienvenue en saluant et remerciant particulièrement Mgr Dognin, évêque de Quimper et Léon, Mr le maire de Locquirec et ses adjoints, la délégation de la municipalité de Plestin-les-Grèves. Elle remercie toutes les chevilles ouvrières qui, depuis plus d’un an, œuvrent à la préparation de cette journée et ceux qui l’animent ce jour où vont se cueillir « les fruits du chemin parcouru ».
Sr Ann Almodovar, supérieure générale de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, ouvre officiellement la journée. Son langage poétique décrit la beauté des lieux bien entretenus par divers groupes. Elle met en lumière la beauté cachée de ce lieu-source « qui offre de quoi se ressourcer spirituellement et découvrir Celui qui nous fait vivre ». Elle évoque comment Maison et Communauté ont élargi l’espace de leur tente pour « participer à la naissance et la croissance de communautés animées par l’Evangile ».
Vient le temps de la « mémoire ». Sr Anne Marie Tromeur, archiviste, retrace, images à l’appui, l’histoire de la Maison. C’est d’abord les 40 premières années où l’Ile Blanche est Juvénat, école qui accueille des jeunes filles attirées par la vie religieuse chez les Filles du Saint-Esprit. Il leur faut une solide formation humaine, professionnelle et chrétienne : les enseignantes, toutes filles du Saint-Esprit et l’aumônier (l’abbé Brinquin, pendant 24 ans) y contribuent largement. Le climat éducatif, austère en ses débuts, évolue au fil des ans. Le Juvénat ferme en 1966 pour effectifs insuffisants.
Mais l’Ile Blanche continue à vivre ! D’importants travaux sont réalisés pour en faire « L’Hostellerie du Bon Accueil » * : accueil de sœurs fatiguées pour un temps de repos, de personnes en quête de formation et de retraite spirituelle. Les demandes affluent… Et la maison s’adapte aux besoins : création d’une association de gestion, agrément pour hébergement temporaire pendant l’hiver…etc. La construction de la nouvelle chapelle en 1996 traduit la priorité donnée aux retraitants et aux hôtes de passage en quête de silence et de prière… Mais des groupes d’inspirations diverses frappent à la porte : ils sont accueillis tels qu’ils sont ; l’Ile Blanche se veut fidèle à sa mission d’ouverture aux besoins du monde et de l’Eglise d’aujourd’hui, mission reçue de la congrégation, reprécisée en 2013, revue 10 ans plus tard… A présent, des représentants de tous les partenaires et groupes viennent successivement à la tribune témoigner de la manière dont ils se situent à l’Ile Blanche : communauté, conseil d’administration, direction (laïque depuis 2008), association GAEW (« le vin de l’Ile Blanche »), commission d’animation, groupes de stages divers (yoga, qigong, taïchi chuan), collectif islamo-chrétien « Espoir », une vacancière…. Tous disent la collaboration heureuse, l’esprit de bienveillance et de respect envers et entre tous qui y règne, le dynamisme ou la joie retrouvée
La corbeille est pleine des fruits d’hier et d’aujourd’hui, ces fruits, résultat de l’action humaine soutenue par la présence et la force de l’Esprit divin. Ensemble, nous pouvions rendre grâce. Un groupe important de jeunes croyants (camp ‘En Hent’) et leurs animateurs, marcheurs depuis une semaine, nous rejoint pour l’Eucharistie présidée par Mgr Dognin, assisté de nombreux prêtres et diacres. Temps où nous bénissons Dieu pour tout ce qui a été donné de vivre en ce lieu, temps où les symboles apportés en procession traduisent cette reconnaissance : notons que le vin consacré est celui de la vigne de l’Ile Blanche ! Temps de communion des esprits et des cœurs qui invite à la vivre au quotidien. C’est ainsi que l’évêque nous envoie, en particulier le groupe de jeunes, continuer notre marche vers l’avenir.
Mais ce n’est pas la fin ! Le temps de restauration permet de nouvelles rencontres heureuses, d’autant que le soleil ardent oblige à des déplacements qui les favorisent… Et il y a des choses à voir ou à entendre dans ce bel espace : le stand des sœurs africaines, la plus que magnifique exposition de photos qui disent l’histoire de la maison, les réalisations de l’association GAEW, le verger, le potager, le jardin des simples, et le vignoble aux 750 pieds de vigne !
Puis vient le temps de l’envoi par la supérieure générale, envoi « qui nous tourne vers demain, poussés par l’Esprit ». Elle envoie particulièrement les personnes qui œuvrent au bon fonctionnement de la maison : elles reçoivent symboliquement un bouquet d’épis de blé, « signe du bon grain qui jaillit de cette terre féconde, entretenue avec tant de bonne volonté, de bienveillance et d’amour ».
Ainsi chacun repart heureux pour la mission qui continue en tous nos lieux de vie.
Sœur Armandine BAGOT, FSE. Communauté Béthanie. Maison-Mère- Saint-Brieuc. FRANCE
Publié le 26 août 2026
D’autres articles donneront ultérieurement des détails plus précis sur la maison et sa mission
* « L’Hostellerie du Bon Accueil » : Titre d’un recueil de poésies déposé à l’Ile-Blanche par une artiste anonyme

