Ile Blanche : « terre d’ancrage de notre foi »

Il nous plaît de revenir sur l’ouverture officielle des100 ans de cette « terre » par la supérieure générale de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, Sr Ann ALMADOVAR : elle nous situe dans un site enchanteur que nous pouvons admirer, « terre de nos ancêtres, entre soleil et nuage, entre brise et tempête, entre terre et mer », site merveilleusement entretenu et « terre » rendue féconde par des associations et des bénévoles chaleureusement remerciés. Elle évoque aussi sa beauté cachée, toute intérieure, que développent et épanouissent les nombreuses personnes en quête de recherche spirituelle qui fréquentent ce lieu.

En ce 23 août de la célébration du centenaire, le site est peuplé de Filles du Saint-Esprit mais aussi de personnalités civiles et religieuses : le maire de Locquirec et des adjoints, des délégués de la municipalité de Plestin-les-Grèves, de l’évêque de Quimper, Mgr Dognin avec plusieurs prêtres dont le futur aumônier de l’Ile Blanche, de la vice-présidente de la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France), de déléguées de congrégations religieuses invitées et de nombreux hôtes et amis venus de toute la Région…

Cette ouverture nous introduit dans le climat de la maison, climat de fraternité , où chacun est bien connu, reconnu dans sa fonction et son service : Mr. Thierry et son conseil d’administration, Mme Forget, directrice avec tout le personnel salarié de tous les services de cette maison… sans compter les bénévoles qui se succèdent à l’accueil, à l’animation, décoration…etc. Et place à Bruno Gautier et ses musiciens : ils nous entraînent dans le dynamisme de la rencontre festive, à mettre le cap « Sur la terre de nos vieux pères où nous avons ancré notre foi… » *

Vient le moment du faire mémoire du passé où nous avons essayé, selon l’expression de notre Règle de Vie (art 1, n° 3), « avec les femmes et les hommes de ce temps, d’éveiller à la question de Dieu et de participé à la naissance et à la croissance de communautés animées par l’Evangile. »

Pour découvrir le commencement de l’Ile Blanche, nous sommes guidés par Sr Anne-Marie Tromeur, archiviste de la congrégation.
1926. Depuis quelques années, les responsables de la congrégation cherchent un lieu de vie pour ses juvénistes * qui, depuis 1898, vivent à la Maison Mère à Saint-Brieuc ; mais  divers événements ont rendu cette Maison inhospitalière pour ces jeunes : afflux des sœurs chassées de leurs écoles en 1904, par la loi de Combes, accueil de soldats blessés entre 1914-1919, et épidémies qui sévissaient alors…
Voilà qu’à la fin d’une « neuvaine  à St Joseph », une occasion se présente : un château, bâti en 1661propriété de 7 ha-, situé sur les bords du Douron *, aux confins des départements du  Finistère et des Côtes du Nord, est en vente : il appartient à un anglais, Mr. Norton, avocat du vice-roi des Indes. Le 26 septembre 1926, les responsables de la congrégation, informées par la direction de l’enseignement catholique de Quimper, prennent aussitôt l’affaire en considération…. Et, le 10 novembre, la propriété est achetée ! Dès ce jour, 3 juvénistes et 2 sœurs viennent loger au château…, rejointes par 30 autres, le 10 décembre suivant !

Par sœur Armandine BAGOT, FSE, communauté Maison-mère, Saint-Brieuc. Publié le 5 septembre 2026

 *  Refrain du chant de fête :%
Sur la terre de nos vieux pères,

Nous avons ancré notre foi.
Au-delà des mers et des frontières
C’est l’Esprit de Dieu qui nous envoie.
*Juvéniste : personne qui effectue son juvénat, une période d’études et de formation précédant le noviciat, selon les congrégations, en vue de devenir religieuse
*Le Douron est un petit fleuve côtier français de Bretagne qui se jette dans la Manche entre le Finistère et les Côtes-d’Armor.