Pâques… dans un camp de Déplacés

Le samedi 28 mars 2026, nous sommes allés à Boussouma, dans le diocèse de Kaya, au BURKINA FASO, à quelque 80 km de Ouagadougou, la capitale, pour visiter un camp de personnes déplacées internes. Cette visite a été organisée par l’USMBN (Union des supérieurs majeurs du Burkina Faso et du Niger). 

Nous avons été accueillies par le curé de la paroisse qui nous a ensuite conduites vers le camp des Déplacés situé à plus d’une heure de route de Ouagadougou. Dès que nous sommes arrivées, nous avons été bien accueillies : ils nous attendaient avec les yeux brillants d’espoir !
Là, nous avons rencontré des hommes, des femmes et des enfants qui ont quitté leur village d’origine, avec tout leur bien afin de sauver leurs vies. Les familles ont été dispersées :  certains de ces Déplacés ne savent pas où sont les autres membres de leur famille. Venus de différents horizons et dans de difficiles conditions, ils ont appris la tolérance et forment maintenant comme une famille, sans distinction de provenance, d’ethnie et de religion. La cohabitation est bonne chacun sachant ce que comporte un tel déplacement… Après les avoir écoutés avec beaucoup de compassion, nous les avons encouragés à maintenir l’esprit d’unité et de solidarité qui règne entre eux, à ne pas perdre espoir d’un avenir meilleur, à garder foi et à continuer de prier le Seigneur qui est toujours là, malgré cette épreuve de tragiques déplacements !

Je n’ai cessé de me poser cette question : « Si Marie BALAVENNE était là qu’aurait-elle fait ? quels attitudes, paroles, regards de réconfort aurait-elle manifesté ? … ». Après cet entretien nous avons partagé ce que nous avions apporté : sacs de riz, habits collectés çà et là dans nos communautés et jouets, bonbons et biscuits pour les enfants… Là j’ai vu de ceux-là qui ne savaient pas ce qui leur arrivait, plein de vie et d’espoir, avec de grands rêves pour l’avenir : beaucoup étaient scolarisés et certains avaient commencé à apprendre un métier.

A la fin de la journée, c’étaient des « Aurevoir » émouvants. Nous sommes reparties le cœur serré de n’avoir pas pu faire plus mais aussi contentes d’avoir apporté notre petite part à la vie tragique de ces hommes et femmes qui sont nos frères, nous rappelant : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25-40)
A la veille du dimanche des Rameaux, à Boussouma régnait une ambiance de fête : c’était « pâque » avant la Pâques !

Sœur Amélie ZOUGMORE, au nom de la communauté de Ouagadougou
Publié le 4 avril 2026

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