Chaque rencontre : une trace magnifique !

Il existe un mystère discret et imperceptible dans la manière dont Dieu parle à travers la création. Nulle part je ne l’ai ressenti davantage que dans le paysage de Saint-Claude -Département du Jura, FRANCE-, ville chaleureuse au creux de majestueuses montagnes traversées de rivières sauvages et mouvementées. On comprend aisément pourquoi ce magnifique coin de France attire chaque année des milliers de visiteurs.

Une terre marquée par les saints. Saint-Claude porte en son sol des siècles de sainteté. Le corps de l’abbé Saint-Claude repose dans la cathédrale qui porte son nom. Bien avant lui, les saints Romain et Lupicin et leur sœur sainte Yole y ont vécu comme moines et moniale, donnant entièrement leur vie à la prière et à l’apostolat ; Saint-Oyend a ensuite porté leur héritage en tant que successeur. Bien que des siècles se soient écoulés, l’empreinte de ces vies saintes se fait encore sentir dans la ville aujourd’hui, rappelant que la sainteté, une fois semée, ne s’efface pas avec le temps.

Une présence vivante. Dans cette histoire sacrée, les Sœurs Hospitalières du Saint Esprit puis, les Filles du Saint-Esprit et leurs Associés ont tissé leur propre fil de témoignage discret. Leur présence marque la ville à travers la vie quotidienne de l’Église : le catéchisme, le ministère de la Sainte Communion, les visites aux personnes âgées, les soins aux malades, l’écoute attentive des épreuves et un soutien fidèle et constant, offert sans éclat.
Au cœur de cette présence se trouve Sœur Françoise ECUYER dont la porte est ouverte à tous ceux qui arrivent à l’improviste. Elle vit comme un prophète d’aujourd’hui et de demain, faisant advenir vie nouvelle et espérance en des temps incertains, sans jamais compter le coût. Dans sa simplicité, elle incarne l’Évangile : la conviction que chaque personne, membre de la même famille humaine, a sa place à la table. Elle donne concrètement sa vie pour susciter la vie chez les autres.  Elle partage l’amour avec chaque personne qu’elle rencontre, sans hésiter à offrir un verre d’eau avant de la laisser reprendre sa route. Un seul jour, quinze personnes se sont présentées à sa porte : quinze pas, quinze mains posées sur la sonnette et chacune a été accueillie dans une joie donnée et reçue, avec de petites attentions partagées librement avec voisins et amis.
Comme le rappelle notre Règle de vie : « Au cœur même de notre relation, dans la solitude comme dans la communion, nous adorons le Dieu qui est Amour, Amour toujours donné et reçu, Amour partagé. » (RV art. 14, p. 6)   Dans la simplicité d’un cœur qui donne librement et avec joie, on découvre une véritable maison de charité où tous sont accueillis sans limite ni restriction. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer que les maisons de Saint-Claude sont bâties sur le roc : image juste de la manière dont notre charisme résiste à toute épreuve et transmet son histoire de génération en génération.

Pèlerinages de foi et de savoir-faire. Le séjour nous a aussi conduits au-delà de la ville. En nous rendant pour la messe aux Moussières, petit village dans la montagne, avec le Père Maurice Marie Quéré, curé de la cathédrale, nous avons croisé la formation rocheuse remarquable appelée le ‘Chapeau de Gendarme’, petite merveille au bord de la route.
Chaque lundi de Pentecôte, les fidèles se rassemblent pour un pèlerinage annuel qui part de l’église Saint-Lupicin pour rejoindre la chapelle Saint-Romain.  L’église Saint-Lupicin abrite le tombeau et les reliques de ce Saint ainsi que celles de son frère, Saint Romain. Cette année, j’ai eu la grâce de participer au pèlerinage avec une associée et une amie. Le prêtre résident, natif du Congo, nous a accueillies et nous a guidées à travers l’histoire de l’église et la vie des saints. A l’entrée de la chapelle Saint-Romain est exposée l’image d’une tête d’âne : elle symbolise l’humilité et la douceur… ces vertus « inséparables » mentionnées dans notre Règle de vie !

Près de la cathédrale, nous sommes entrés dans un musée remarquable retraçant l’histoire de deux savoir-faire locaux : la fabrication de la pipe et la taille du diamant. On y trouve une salle où, chaque année, de nouveaux membres sont intronisés dans la Confrérie des Maitres Pipiers. En songeant à la manière dont le bois de bruyère et le diamant sont façonnés par la pression et le feu, j’ai pensé au Saint-Esprit qui continue de souffler où Il veut, transformant ce qui est brut en ce qui est affiné.

Chaque rencontre sur le chemin a laissé sa trace magnifique, inattendue et profondément marquante.

Sœur Abiola ADIGBOLUJA., FSE. Publié le 7 juillet 2026

 

 

 

 

Articles de la même catégorie

Réagir

Vous pouvez envoyer une réaction ou un commentaire à l’auteur de l’article !