Du 4 Mars au 26 Avril, nous, novices de deuxième année -de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit-, avons été envoyées au BURKINA FASO pour un deuxième stage. Moi, Anne, j’ai été envoyée à la communauté de Phariyago, dans une zone où se vit la multi culturalité et l’inter- ethnicité. Je suis heureuse de vous faire part de mes découvertes, mes joies, mes expériences et mes interrogations. Ce fut pour moi, un séjour trop court, riche de témoignages et de formations !
Tout d’abord, j’ai été touchée par l’accueil chaleureux et affectueux reçu de mes sœurs FSE Nathalie et Edith ainsi que de la communauté paroissiale. Cet accueil me donnait courage pour commencer le stage et me laissait pressentir un séjour fructueux !
Pour que ce temps soit pleinement productif, mes sœurs me proposaient le Centre de santé et de Promotion sociale et le Lycée Saint Jean de Phariyago. En ce qui concerne mes expériences au quotidien en communauté, j’ai expérimenté avec mes sœurs, une vie ensemble, enracinée en Dieu dans la prière, une vie simple, joyeuse, habitée par les joies et les soucis de la population dans laquelle nous sommes envoyées ; nous consacrons toujours notre journée à Dieu par une messe pour, ensuite, nous entraider dans nos activités communes, dynamiques et actives : productrices de vin de bissap, jardinières et éleveuses – ouverture des enclos de nos différents animaux, recherche de foin pour les moutons et de termites pour nos poussins… – avant de rejoindre nos différents lieux de missions. A midi, joie des retrouvailles où nous partageons simplement le repas et, le soir, la mission vécue. Puis nous rentrons nos troupeaux, cueillons les légumes pour la sauce et prenons notre temps de prière personnelle et communautaire en rendant toujours compte à Dieu de notre mission dans l’action de grâce. Après le souper c’est la recréation… A ce moment nous avons souvent des temps de recollection, de relecture des signes de l’Esprit, de réconciliation et de remises en question de nos actes.
De plus, la communauté est aussi impliquée dans les activités de la paroisse où elle tend à témoigner du charisme. Ce qui m’a le plus touchée c’est le vendredi-saint où la paroisse célébrait les funérailles de Jésus crucifié dans la culture Djan, avec la danse aux sons des balafons : c’était très beau de voir l’inculturation de l’Evangile ! Mais au-delà de toutes ces valeurs, beaucoup de questions ont surgi en moi en voyant plusieurs fidèles se détourner de leur foi pour consulter les féticheurs ou même faire des rites contre les épreuves et les soucis.
J’ai été ensuite en stage au dispensaire de Bondigui où j’ai acquis plusieurs connaissances dans le domaine de la santé. Ces découvertes m’ont permis de changer ma manière de concevoir l’être humain et son Créateur qui modèle l’homme avec bonté. Au quotidien, le dispensaire est rempli de patients et la maternité est pleine de femmes pour la pesée et les accouchements ; là, les sage-femmes ne peuvent s’arrêter, toujours actives, pressées et infatigables, toujours présentes pour soulager les peines et traiter les cas graves. A la maternité, nous pouvons recenser 15 accouchements au minimum par semaine auxquels s’ajoutent la vaccination des enfants. Dans ce dispensaire j’ai vu une population très jeune, d’ethnies venues de partout, des jeunes orpailleurs… J’étais attristée de voir ces jeunes fréquenter le dispensaire pour se faire soigner de la prise de drogues, de voir beaucoup de jeunes filles enceintes. Personnellement, j’étais paralysée chaque fois que je rencontrais un cas grave : beaucoup de questions surgissaient en moi – que s’est-t-il passé ? – Où sont leurs parents ?
Enfin, Je suis intervenue de temps à autres au lycée Saint Jean de Phariyago où je participais aux enseignements, en Français, des élèves. Là, j’ai constaté et estimé l’engagement de chaque élève pour sa propre évolution et réussite.
En conclusion, je voudrais rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu’il m’a permis d’expérimenter, de voir, de comprendre pour communier aux réalités de notre insertion en zone rurale. Je Lui rend grâce pour son Esprit qui m’a toujours renouvelée au quotidien et m’a guidée tout au long de mon stage. Je suis reconnaissante à ma chère communauté qui m’a accompagnée dans mon cheminement, si attentionnée à mon égard. Pour toutes les expériences vécues qui m’ont touchée ou secouée, que le Seigneur les transforme en grâce et bénisse toute la population de Bondigui. Qu’il creuse dans le cœur des jeunes le désir de la conversion. AMEN !
PAGBELGUEM Anne, novice FSE. Publié le 1er Mai 2026

